Présentation
L'ecstasy est une substance synthétique dérivée de l'amphétamine, le MDMA (3,4 méthylènedioxyméthamphétamine). Elle se présente généralement sous la forme de pastilles de couleurs et de formes variées ornés d'un motif ou de gélules. La composition d'un comprimé présenté comme étant de l'ecstasy est souvent incertaine ; la molécule MDMA n'est pas toujours présente et peut être mélangée à d'autres substances : amphétamines, analgésiques (substances qui atténuent ou suppriment la douleur), hallucinogènes, anabolisants. L'ecstasy peut également être coupé avec de la caféine, de l'amidon, des détergents, du savon... ! De plus, presque toutes les drogues en pilules sont parfois vendues comme ecstasy...
Historique
La MDMA a été synthétisée par les laboratoires Merck en 1912 dans un but militaire : il s'agissait d'amplifier certains effets des amphétamines. Elle est distribuée pendant la Première Guerre mondiale aux soldats embourbés dans les tranchées pour atténuer la fatigue et leur redonner le moral.
L'ecstasy n'a jamais obtenu d'autorisation de mise sur le marché. On a ponctuellement utilisé la MDMA en psychiatrie dans les années 1970 en Californie. Cette pratique a été rapidement interrompue en raison des dommages qu'elle causait. À partir des années 1970 aux États-Unis et plus récemment en Europe, la MDMA est utilisée à des fins récréatives, lors de soirées et de "rave parties".
Mode d'action
L'ecstasy a des effets psychotropes à la fois stimulants et relaxants car elle agit sur différents sites du système nerveux central.
Par l'augmentation de la libération de sérotonine dans le cerveau, ses effets sur le système sérotoninergique, qui est un système neuromodulateur, favorisent un état d'indifférence confiante, voire de sensation de convivialité et la survenue de comportements moteurs répétitifs et toniques.
Par la libération de dopamine dans le cerveau, la MDMA a des effets psychostimulants qui accélèrent le rythme cardiaque et diminuent la fatigue.
Toutes les substances répertoriées comme pouvant entraîner une toxicomanie possèdent la propriété d'augmenter la libération de dopamine mais il faut noter que l'action de la MDMA est dix fois moins efficace que celle de l'amphétamine.
Effets et dangers
Les usagers d'ecstasy recherchent la sensation d'énergie, de performance et la suppression de leurs inhibitions (les blocages, les défenses et les interdictions tombent). À l'effet de plaisir et d'excitation s'ajoute une sensation de liberté dans les relations avec les autres.
L'ecstasy provoque tout d'abord une légère anxiété, une augmentation de la tension artérielle, une accélération du rythme cardiaque et la contraction des muscles de la mâchoire ; la peau devient moite, la bouche sèche. Suit une légère euphorie, une sensation de bien-être et de plaisir. Elle s'accompagne d'une relaxation, d'une exacerbation des sens et d'une impression de comprendre et d'accepter les autres.
L'usage de l'ecstasy provoque une déshydratation de l'organisme, d'où la nécessité de maintenir une hydratation suffisante, surtout si le consommateur se trouve dans une ambiance surchauffée et fait un effort physique important.
Il arrive que l'usager ressente, trois ou quatre jours après la prise, des passages à vide qui peuvent provoquer des états d'anxiété ou de dépression nécessitant une consultation médicale.
Une consommation régulière et fréquente amène certains à maigrir et à s'affaiblir ; l'humeur devient instable, entraînant parfois des comportements agressifs. Cette consommation peut révéler ou entraîner des troubles psychiques sévères et durables.
En cas d'association avec d'autres substances, les risques sont accrus.
Les risques de complication semblent augmenter avec la dose "gobée", la composition du produit et la vulnérabilité de l'usager. Les personnes qui suivent un traitement médical s'exposent à des effets dangereux, à cause des interactions médicamenteuses qui risquent de se produire, notamment avec l'aspirine, certains médicaments anti-VIH et certains antidépresseurs.
La consommation d'ecstasy est particulièrement dangereuse pour les personnes qui souffrent de troubles du rythme cardiaque, d'asthme, d'épilepsie, de problèmes rénaux, de diabète, d'asthénie (fatigue) et de problèmes psychologiques.
Les travaux scientifiques établissent une possible dégénérescence des cellules nerveuses dont on ne sait pas si elle est réversible et qui peut entraîner à terme des maladies dégénératives ou des troubles responsables d'une dépression.
Chez certains usagers, l'ecstasy peut provoquer une dépendance psychique. Pour ce qui concerne la dépendance physique, les appréciations varient selon les experts.
Nathalie (26ans) : "J'ai découvert l'ecstasy au cours d'une immense rave en 1992. J'ai pris de l'ecstasy régulièrement pendant deux ans, puis les premiers effets pervers sont apparus : confusion mentale, agressivité, trous de mémoire, insomnies, maux de ventre... J'ai sombré dans un grand désert. J'ai donc arrêté."
Les femmes particulièrement sensibles
Trois études récentes apportent de nouvelles données dans ce domaine. La première, menée par des chercheurs hollandais, semble indiquer que les femmes sont particulièrement sensibles aux effets neurotoxiques de l'ecstasy. Des études chez l'animal ont déjà montré que des doses élevées d'ecstasy entraînent une dégénérescence des terminaisons nerveuses qui sécrètent la sérotonine (neurones sérotoninergiques) à long terme. Cette toxicité semble également présente, pour des consommations importantes, chez l'homme.
Cherchant à préciser les effets d'une consommation moyenne, les auteurs de l'étude ont examiné par des procédés d'imagerie médicale (tomographies monophotoniques cérébrales) différents groupes de consommateurs et observé des signes indirects d'altération des neurones sérotoninergiques (diminution de la liaison aux transporteurs de la sérotonine) chez les femmes ayant consommé dans leur vie plus de 50 pilules d'ecstasy, mais non chez les hommes, ni chez les consommateurs moyens (moins de 50 pilules). De plus, les femmes ayant arrêté depuis un an la prise d'ecstasy avaient un résultat identique à celui des femmes qui n'en avaient jamais consommé, ce qui suggère que la toxicité neuronale est réversible.
Troubles de la mémoire et ralentissement moteur
Les effets cérébraux de l'ecstasy ne se limiteraient pas aux seuls neurones sérotoninergiques. Une diminution des récepteurs D2 de la dopamine, un autre neuromédiateur impliqué dans la régulation des mouvements et dont les altérations peuvent conduire à la maladie de Parkinson, avait déjà été identifiée chez les alcooliques, les cocaïnomanes et les héroïnomanes.
Des chercheurs américains viennent d'étendre cette observation aux consommateurs d'ecstasy. En réalisant des PET-scan, ils ont constaté une raréfaction de ces récepteurs dans une zone du cerveau -le cortex orbito-frontal- déjà impliquée dans les comportements compulsifs. La diminution des récepteurs D2 dans cette région pourrait expliquer, en partie, le besoin compulsif des toxicomanes de reprendre de la drogue.
Enfin, on sait que l'ecstasy entraîne une diminution des transporteurs de la dopamine chez les consommateurs, associée à un ralentissement moteur et à des troubles de la mémoire. La même équipe a suivi l'évolution de ces altérations après arrêt de la consommation d'ecstasy. En quelques mois, les taux de transporteurs sont revenus à la normale. En revanche, les évaluations cliniques sont restées perturbées.
L'ensemble de ces résultats mérite bien sûr d'être confirmé sur un plus grand nombre et complété, tout comme la notion de réversibilité demande à être précisée. Chez l'animal, la réversibilité apparaît incomplète, la densité des neurones sérotoninergiques restant augmentée par endroit et au contraire diminuée dans d'autres régions, jusqu'à sept ans après l'arrêt de l'intoxication.
L'ecstasy est une substance synthétique dérivée de l'amphétamine, le MDMA (3,4 méthylènedioxyméthamphétamine). Elle se présente généralement sous la forme de pastilles de couleurs et de formes variées ornés d'un motif ou de gélules. La composition d'un comprimé présenté comme étant de l'ecstasy est souvent incertaine ; la molécule MDMA n'est pas toujours présente et peut être mélangée à d'autres substances : amphétamines, analgésiques (substances qui atténuent ou suppriment la douleur), hallucinogènes, anabolisants. L'ecstasy peut également être coupé avec de la caféine, de l'amidon, des détergents, du savon... ! De plus, presque toutes les drogues en pilules sont parfois vendues comme ecstasy...
Historique
La MDMA a été synthétisée par les laboratoires Merck en 1912 dans un but militaire : il s'agissait d'amplifier certains effets des amphétamines. Elle est distribuée pendant la Première Guerre mondiale aux soldats embourbés dans les tranchées pour atténuer la fatigue et leur redonner le moral.
L'ecstasy n'a jamais obtenu d'autorisation de mise sur le marché. On a ponctuellement utilisé la MDMA en psychiatrie dans les années 1970 en Californie. Cette pratique a été rapidement interrompue en raison des dommages qu'elle causait. À partir des années 1970 aux États-Unis et plus récemment en Europe, la MDMA est utilisée à des fins récréatives, lors de soirées et de "rave parties".
Mode d'action
L'ecstasy a des effets psychotropes à la fois stimulants et relaxants car elle agit sur différents sites du système nerveux central.
Par l'augmentation de la libération de sérotonine dans le cerveau, ses effets sur le système sérotoninergique, qui est un système neuromodulateur, favorisent un état d'indifférence confiante, voire de sensation de convivialité et la survenue de comportements moteurs répétitifs et toniques.
Par la libération de dopamine dans le cerveau, la MDMA a des effets psychostimulants qui accélèrent le rythme cardiaque et diminuent la fatigue.
Toutes les substances répertoriées comme pouvant entraîner une toxicomanie possèdent la propriété d'augmenter la libération de dopamine mais il faut noter que l'action de la MDMA est dix fois moins efficace que celle de l'amphétamine.
Effets et dangers
Les usagers d'ecstasy recherchent la sensation d'énergie, de performance et la suppression de leurs inhibitions (les blocages, les défenses et les interdictions tombent). À l'effet de plaisir et d'excitation s'ajoute une sensation de liberté dans les relations avec les autres.
L'ecstasy provoque tout d'abord une légère anxiété, une augmentation de la tension artérielle, une accélération du rythme cardiaque et la contraction des muscles de la mâchoire ; la peau devient moite, la bouche sèche. Suit une légère euphorie, une sensation de bien-être et de plaisir. Elle s'accompagne d'une relaxation, d'une exacerbation des sens et d'une impression de comprendre et d'accepter les autres.
L'usage de l'ecstasy provoque une déshydratation de l'organisme, d'où la nécessité de maintenir une hydratation suffisante, surtout si le consommateur se trouve dans une ambiance surchauffée et fait un effort physique important.
Il arrive que l'usager ressente, trois ou quatre jours après la prise, des passages à vide qui peuvent provoquer des états d'anxiété ou de dépression nécessitant une consultation médicale.
Une consommation régulière et fréquente amène certains à maigrir et à s'affaiblir ; l'humeur devient instable, entraînant parfois des comportements agressifs. Cette consommation peut révéler ou entraîner des troubles psychiques sévères et durables.
En cas d'association avec d'autres substances, les risques sont accrus.
Les risques de complication semblent augmenter avec la dose "gobée", la composition du produit et la vulnérabilité de l'usager. Les personnes qui suivent un traitement médical s'exposent à des effets dangereux, à cause des interactions médicamenteuses qui risquent de se produire, notamment avec l'aspirine, certains médicaments anti-VIH et certains antidépresseurs.
La consommation d'ecstasy est particulièrement dangereuse pour les personnes qui souffrent de troubles du rythme cardiaque, d'asthme, d'épilepsie, de problèmes rénaux, de diabète, d'asthénie (fatigue) et de problèmes psychologiques.
Les travaux scientifiques établissent une possible dégénérescence des cellules nerveuses dont on ne sait pas si elle est réversible et qui peut entraîner à terme des maladies dégénératives ou des troubles responsables d'une dépression.
Chez certains usagers, l'ecstasy peut provoquer une dépendance psychique. Pour ce qui concerne la dépendance physique, les appréciations varient selon les experts.
Nathalie (26ans) : "J'ai découvert l'ecstasy au cours d'une immense rave en 1992. J'ai pris de l'ecstasy régulièrement pendant deux ans, puis les premiers effets pervers sont apparus : confusion mentale, agressivité, trous de mémoire, insomnies, maux de ventre... J'ai sombré dans un grand désert. J'ai donc arrêté."
Les femmes particulièrement sensibles
Trois études récentes apportent de nouvelles données dans ce domaine. La première, menée par des chercheurs hollandais, semble indiquer que les femmes sont particulièrement sensibles aux effets neurotoxiques de l'ecstasy. Des études chez l'animal ont déjà montré que des doses élevées d'ecstasy entraînent une dégénérescence des terminaisons nerveuses qui sécrètent la sérotonine (neurones sérotoninergiques) à long terme. Cette toxicité semble également présente, pour des consommations importantes, chez l'homme.
Cherchant à préciser les effets d'une consommation moyenne, les auteurs de l'étude ont examiné par des procédés d'imagerie médicale (tomographies monophotoniques cérébrales) différents groupes de consommateurs et observé des signes indirects d'altération des neurones sérotoninergiques (diminution de la liaison aux transporteurs de la sérotonine) chez les femmes ayant consommé dans leur vie plus de 50 pilules d'ecstasy, mais non chez les hommes, ni chez les consommateurs moyens (moins de 50 pilules). De plus, les femmes ayant arrêté depuis un an la prise d'ecstasy avaient un résultat identique à celui des femmes qui n'en avaient jamais consommé, ce qui suggère que la toxicité neuronale est réversible.
Troubles de la mémoire et ralentissement moteur
Les effets cérébraux de l'ecstasy ne se limiteraient pas aux seuls neurones sérotoninergiques. Une diminution des récepteurs D2 de la dopamine, un autre neuromédiateur impliqué dans la régulation des mouvements et dont les altérations peuvent conduire à la maladie de Parkinson, avait déjà été identifiée chez les alcooliques, les cocaïnomanes et les héroïnomanes.
Des chercheurs américains viennent d'étendre cette observation aux consommateurs d'ecstasy. En réalisant des PET-scan, ils ont constaté une raréfaction de ces récepteurs dans une zone du cerveau -le cortex orbito-frontal- déjà impliquée dans les comportements compulsifs. La diminution des récepteurs D2 dans cette région pourrait expliquer, en partie, le besoin compulsif des toxicomanes de reprendre de la drogue.
Enfin, on sait que l'ecstasy entraîne une diminution des transporteurs de la dopamine chez les consommateurs, associée à un ralentissement moteur et à des troubles de la mémoire. La même équipe a suivi l'évolution de ces altérations après arrêt de la consommation d'ecstasy. En quelques mois, les taux de transporteurs sont revenus à la normale. En revanche, les évaluations cliniques sont restées perturbées.
L'ensemble de ces résultats mérite bien sûr d'être confirmé sur un plus grand nombre et complété, tout comme la notion de réversibilité demande à être précisée. Chez l'animal, la réversibilité apparaît incomplète, la densité des neurones sérotoninergiques restant augmentée par endroit et au contraire diminuée dans d'autres régions, jusqu'à sept ans après l'arrêt de l'intoxication.
